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Virginie, adjointe au maire sur la petite enfance

En 2008, je suis devenue adjointe déléguée à la petite enfance, car oui, il manque de places en crèches et oui, Il est très difficile de faire comprendre aux décideurs ( un adjoint a un maire, un conseil municipal, des commissions, un directeur des services et des administratifs à convaincre…), après le bien-fondé et l’urgence d’augmenter (pour nous considérablement) le nombre de structures, de ne pas brader la qualité de l’accueil et de ne pas faire l’impasse sur l’animation, la coordination, la formation, l’information, bref  Pour qu’un véritable plan pour la petite enfance réussisse, comme toujours, il faut que l’Etat, les Départements et les mairies prennent leur part de travail, de financement. Le dernier plan en date, sous l’égide de Nadine Morano, l’Etat a voulu augmenter le nombre de places offertes sans rien mettre sur la table, uniquement par des leviers mécaniques et mathématiques en jouant sur la qualité d’accueil et sur la charge de travail et de responsabilité des professionnels. En 4 ans, nous sommes avons triplé notre capacité d’accueil collectif. Nous sommes passés d’un peu moins de 4% à quasiment 12%. Nous y avons consacré beaucoup de fonds. Pas plus tard que ce matin, notre directeur administratif nous expliquait que la Petite Enfance coûtait beaucoup trop d’argent à la commune. Que de favoriser les assistantes maternelles ne coûtait rien à la mairie. Peut-on comparer un accueil collectif et un accueil individuel ?

Sauf uniquement sur le plan comptable ? Heureusement que j’ai la chance d’avoir une maire qui est très sensibilisée aux problématiques de l’enfance, des femmes, et des familles. Je me rends compte que le genre de mes collègues élus est très clivant, l’âge aussi pour les hommes. J’obtiens un soutien ou au moins la compréhension de toutes les femmes, les hommes pour la plus part ne voient pas l’intérêt, notamment pour les plus âgés. Ouvrir une structure crée de l’emploi, crée une dynamique dans un quartier, crée des liens sociaux, crée un lieu d’échange, d’information, de prévention, favorise le retour à l’emploi, permet parfois de soulager des familles en détresse, permet la réinsertion…

Du haut de ma faible expérience que je tente de mener le plus efficacement possible, je me pose la question de savoir pourquoi les collectivités et l’Etat ne mettent pas les moyens pour multiplier les structures collectives et les assistantes maternelles, et même donner un statut aux personnes qui interviennent à domicile de la famille au vue de tous les bénéfices que l’on peut quantifier. Est-ce un moyen de garder les femmes à la maison ? Est-ce parce que le coût est trop élevé ? Est-ce parce que les décideurs ne voient pas l’intérêt ? Trouver un mode d’accueil pour son enfant est un parcours du combattant ( de la combattante) mais ouvrir une structure est aussi un parcours du combattant.

Merci d’envoyer vos témoignages à : enfance.olf@gmail.com

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