Anne et Ludivic, 35 et 36 ans, parents de deux enfants de 5 et 3 ans, orthophoniste et dépanneur-chauffagiste, en couple

11 Nov

Notre premier enfant est né en 2007 : à l’époque j’avais 29 ans, le (futur) papa 30 ans, et si moi je travaillais en tant qu’orthophoniste à la fois en salarié et en libéral (2 mi-temps), mon conjoint était lui au chômage et en fin de droits depuis un moment déjà. Je passe sur les remarques que nous avons entendues : ça n’était « pas raisonnable de faire un enfant dans cette situation » (alors que si ça avait été lui qui travaillait et moi au chômage ça ne choquait pas grand monde…), c’est presque secondaire. Comme l’heureux papa ne travaillait toujours pas à la fin de mon congé maternité, et puisque de toute façon nous n’avions pas trouvé de mode d’accueil, c’est lui qui s’est chargé de garder notre petit garçon jusqu’à ce que la situation s’améliore. Là encore, il a fallu faire face aux remarques stupides et qui se voulaient dégradantes sur le statut de monsieur qui faisait « un boulot de nana », ça a été jusqu’à s’entendre dire qu’il était « comme un vrai gigolo » puisqu’il ne faisait rien tandis que je bossais. Agréable.

Nous avions fait une demande de place en crèche alors même que mes proches n’étaient pas encore au courant de ma grossesse, mais voilà : pas de place ! Et nous sommes entrés dans un cercle vicieux : comme il n’y avait pas de place en crèche, mon conjoint ne pouvait pas accepter les postes en intérim qu’on lui proposait. Et comme il ne travaillait pas, notre enfant n’était pas prioritaire pour une place en crèche. Ubuesque !

Quant à moi, j’enchaînais les heures de travail supplémentaires pour pourvoir au besoin de la petite famille. Je partais le matin après avoir embrassé mon bébé qui dormait encore, et quand je rentrais, tard, il était déjà couché. Formidable et épanouissante vie de famille…

C’est au bout d’un an qu’une place s’est enfin libérée pour notre enfant ! D’abord quelques heures par semaine, puis une journée, puis deux… C’est lorsqu’il a eu 14 mois qu’une place « complète » lui a enfin été attribuée. Et que mon conjoint a enfin pu entreprendre une formation qualifiante. Un an plus tard en 2009, quand notre deuxième enfant est né, son aîné étant déjà en crèche il a eu une place d’office. Ouf ! Et ça tombait bien car leur papa travaillait déjà (il est dépanneur chauffagiste), je ne sais pas comment nous aurions pu faire si ça n’avait pas été le cas…

Aujourd’hui, nos deux enfants vont à l’école. Ils sont allés à la crèche jusqu’à leur entrée en maternelle, et tout s’est très bien passé. Cette crèche était formidable, et même si les horaires d’ouverture nous ont obligé à jongler avec nos emplois du temps et à développer des compétences inouïes pour la course de fond, nous sommes heureux qu’ils aient pu y être admis.

Seul bémol, et il est de taille : ces galères de garde ont mis un frein à notre désir de peut-être avoir un troisième enfant. Et c’est triste que ce choix n’ait pas pu, dans notre cas, se faire indépendamment de toute contrainte matérielle.

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Julie, mère d’un garçon de 15 mois, précaire, en couple

11 Nov

Notre fils est né en juin 2011, à Paris.Nous ne voulions pas de nourrice. D’abord parce que l’un d’entre nous avait été victime de violence de la part de sa nourrice dans sa petite enfance : difficile de faire confiance une fois parent. Ensuite, parce que trouver une bonne assistante maternelle relève de la loterie : on en voit trop dans les parcs, les rues, le métro, les magasins qui ne s’occupent absolument pas des enfants dont elles ont la responsabilité, concentrées sur autre chose (shopping, bavardage, téléphone…). Enfin, parce que nous sommes tous deux précaires : nous travaillons, mais on ne sait pas forcément longtemps à l’avance quand et sur quelles plages horaires, ce qui rendait compliqué une contractualisation avec une ass’ mat, en supposant qu’on aurait fait tomber les autres barrières et qu’on en aurait trouvé une digne de confiance. Sans oublier le coût exorbitant des assistantes maternelles agrées à Paris : de quoi décourager les femmes de travailler. Parce que nous sommes précaires, nous ne pouvions pas non plus intégrer une crèche parentale associative, ce que nous aurions souhaité (car moins d’enfants, plus de proximité, plus de place à notre avis…) : il faut pouvoir s’engager de manière régulière, et nous ne pouvons pas nous permettre de perdre des contrats de travail par manque de disponibilité. Enfin, nous n’avons aucune famille sur Paris : il nous fallait donc absolument une place en crèche municipale. Nous nous sommes inscrits dans les temps auprès de la mairie de notre arrondissement (le 19e, l’un des mieux pourvus de Paris en crèches), pendant la grossesse, et avons attendu l’attribution des places. Sagement. Sans réclamer. Avant de comprendre qu’il est IMPOSSIBLE (cela nous a été confirmé par la suite) d’obtenir une place sans la réclamer : sans faire jouer des appuis, rencontrer des directrices de crèche, écrire à l’adjoint au maire chargé de la petite enfance, se déplacer pour le rencontrer. On ne peut pas attendre sagement sa place, il faut justifier en quoi on la mérite plus que les autres, en quoi les autres la méritent moins ou en ont moins besoin que nous. Et ce en dépit des discours des agents municipaux dans les services d’inscription  – « Non non, vous n’avez rien à faire, juste à attendre. ». Et sans garantie que ça fonctionne ! Comme nous avons fait le nécessaire, nous avons finalement obtenu une place. Mais cela a pris un an. Et en attendant ? Nous, parents, avons travaillé chacun à notre tour (égalité !) pour garder notre petit. Nos revenus ont bien baissé… Et j’avoue que nous finissions par croire que l’un de nous (au hasard plutôt moi, la mère) devrait rester à la maison pour s’occuper du petit pendant que l’autre essaierait d’avancer professionnellement – car à travailler chacun son tour,  on se retrouve deux à stagner ! Heureusement, on a eu de la chance que notre forcing ait fonctionné, ce n’était pas gagné. Galère ordinaire… qui dans notre cas finit bien.

Léa, mère de deux filles de 6 et 3 ans, enseignante, 34 ans, en couple

11 Nov

Nous résidons sur Lille avec mon compagnon. J’ai aujourd’hui 34 ans, suis enseignante et ai deux filles de 6 ans et demi et presque 3 ans. Pendant ma grossesse en 2005, mon compagnon et moi-même avons voulu tout d’abord obtenir une place pour notre fille en crèche municipale, sur Lille, ce à quoi, on nous a répondu qu’éventuellement, une place serait disponible pour un deuxième enfant ! Nous avons donc décidé de confier notre fille à une assistante maternelle agrée : cette solution s’est révélée souple, bâtie sur une relation de confiance. Le coût de ce mode d’accueil est couvert en grande partie par les aides de la CAF et de pajemploi. Les démarches pour trouver notre assistante maternelle ont été bien encadrées par les aides locales (RAM…) : il nous a suffi de quelques rendez-vous pour trouver la personne avec qui nous étions le plus en confiance et qui proposait les activités que nous trouvions essentielles pour notre enfant. Nous avons confié aux soins de notre assistante maternelle notre deuxième enfant et avons toujours été très satisfaits de cette solution de garde. Notre assistante maternelle participe de plus aux actions du RAM d’Hellemmes ce qui a ouvert nos enfants aux autres, à la collectivité. De ce fait, mes filles se sont bien adaptées à l’école maternelle. Par ce témoignage, je souhaite rendre hommage aux assistantes maternelles, dont la professionnalisation est en cours : c’est une alternative essentielle à la crèche qui ne peut être pensée comme le seul mode d’accueil aujourd’hui.

Virginie, mère d’une fille de 11 ans, célibataire, orthophoniste en libéral, Ile de la Réunion

11 Nov

La quarantaine toute ronde, maman d’une petite fille de 11 ans, élevée pour la plupart du temps seule, en charge seule de son éducation, orthophoniste libérale depuis 17 ans, et depuis 4 ans, adjointe au maire en charge de la petite enfance sur ma commune qui compte plus de 100 000 habitants, un des plus grand territoires de France, même si nous sommes situés sur la côte ouest de l’île de la Réunion. Je travaille souvent jusqu’à 20h, et le mercredi toute la journée, de 8h à 20h, et non les grands-parents ne peuvent pas la garder, ils habitent à 10 000 km ! Vu que le taux de places d’accueil collectif était de moins de 4% ( c’est ce que j’ai trouvé en 2008), que les assistantes maternelles, en nombre insuffisant également, pouvaient choisir et pour ainsi dire dicter leurs horaires. Donc, finir à 17h, et pas le mercredi pour celles qui avaient encore de la place… Bien évidemment impossible pour la pauvre orthophoniste, qui finit très tard et finalement voit peu son enfant….petit coup de gueule en passant : qu’est ce qu’on peut le souligner et appuyer là où ça fait déjà mal ! Seule solution, une nounou, sans qualification, payée en chèque emploi service à domicile : ça m’a coûté un bras, voire deux…

Léna, mère d’une fille de 10 mois, région parisienne

11 Nov

Je crois que tout a commencé lors d’une réunion d’information sur les modes de garde dans notre ville (93). Pas mal de couples dans la salle, avec des ventres plus ou moins arrondis, dont la mine s’assombrissait au fur et à mesure des minutes qui passent. Le chiffre qui reste gravé dans la tête pour toute la grossesse (et même après) : il y a une place de crèche pour 5 enfants. bien, bien, bien. Notre fille est née en décembre. Après un rapide calcul, on a compris qu’il allait être très difficile de retourner au boulot après le congé maternité, la probabilité d’avoir une place en crèche étant extrêmement limitée et chercher une place chez une assistante maternelle à ce moment de l’année relevant de l’impossible.J’ai donc posé un congé parental à mi-temps, mon conjoint assurant le deuxième mi-temps de garde, jusqu’en Septembre, comptant bien trouver un mode d’accueil à ce moment là, grâce à l’appel d’air provoqué par les « grands » partant à l’école maternelle. Le retour de la commission a été sans appel: pas de place en crèche. Nous sommes partis pour la grande aventure de la recherche d’une assistante maternelle (qu’on devrait remplacer par le terme assistant parental!) (j’aurais bien mis « ou un assistant » mais dans la liste procurée par la PMI, il n’y a que des femmes). Premier tri en fonction de notre adresse, 53 personnes appelées, 18 rencontrées (une fois éliminées celles qui sont complètes ou qui ne travaillent pas le mercredi), une bonne dizaine de fois la réflexion « 10 heures de garde par jour!!!! mais c’est beaucoup » (ben oui, mais quand on travaille…), pour au final trouver LA perle rare dont nous sommes pour le moment ravis (même si elle a tendance à m’exaspérer en disant « aujourd’hui j’ai sorti les jouets de fille » quand elle prévoit les poupées).

Faïd, père d’une petite fille de 8 mois, journaliste, en couple

11 Nov

Je suis un jeune père de famille (33 ans bientôt) d’une petite fille âgée de 8 mois maintenant. Je suis journaliste et je n’ai pas d’horaires théoriques. Mais dans la pratique, je fais souvent des journées de 5 h du matin à 16 h, 5 jours par semaine. Mon épouse est infirmière et travaille en moyenne 3 jours par semaine de 7 h à 19 h. Donc pour la moitié de la semaine, la question de la garde ne se pose pas. Idem quand je ne travaille pas. Mais si on travaille tous les deux, c’est plus délicat à gérer. A Mayotte, les crèches doivent se compter sur les doigts d’une main. Souvent, elles prennent les enfants à partir de 9 mois. Et celles qui le font, ne le font pas à un tarif négligeable (10% des revenus des parents, ce qui représenterait pour nous 360 € par mois, même si paraît-il, une partie est transformable en crédit d’impôt). Heureusement, nous avons nos mères qui ne travaillent pas. Donc quand on part au boulot, la petite va chez ses grands-mères. Celles-ci sont ravies de l’avoir, mais parfois, elles ont leur programme et l’une d’entre elles n’a pas de permis, donc bouger avec un enfant qui ne marche pas, ce n’est pas évident (les trottoirs sont inexistants, inutile de penser à la poussette, à moins qu’il existe des modèles tout-terrain). Parfois, on la confie également à sa tante qui habite dans le même immeuble et qui est aussi infirmière. voilà comment se fait le mode d’accueil pour nous. On ne paie personne, mais en même temps, même si on le voulait, on se heurterait peut-être à la rareté et la cherté des places de crèche. Evidemment, il n’y a pas de projet pédagogique chez les grands-mères comme cela se fait en crèche, mais comme elles ne gardent pas qu’un seul enfant, la socialisation se fait quand même.

Peggy, mère d’une fille de 1 an, anthropologue, en couple

11 Nov

Mon compagnon est attaché commercial en banque et je suis docteur en anthropologie. Nous sommes parents d’une petite fille de 1 an. Il a le revenu le plus conséquent du foyer. Nous sommes dans une situation singulière car je suis devenue mon propre sujet de thèse: une femme contrainte de rester au foyer dans un compromis (perdant) avec la société (pas de crèche, pas les moyens de rémunérer une nourrice à l’année etc) Notre fille est pré-inscrite dans 8 crèches privées ou associatives. Ainsi que dans les crèches municipales de notre ville (Nantes). Que des refus depuis 1 an (pas de place). Je travaille donc de mon domicile en donnant quelques conférences (pas un véritable salaire). J’ai du abandonner pour l’année mes demandes de qualifications et mes cours à l’université. À la suite de mon congé maternité, je m’étais déjà vue remplacer par un collègue et mise à l’écart de l’université. Celle-ci profitant de mon absence pour ne pas renouveler mon contrat déjà précaire (je suis chercheur mais pas encore maître de conférence ayant obtenue ma thèse 2 mois après avoir accouchée). La maternité pour une femme reste une parenthèse délicate dans notre société.

Isabelle, réalisatrice de films, « mattermittente », mère de deux filles, séparée

11 Nov

Je suis réalisatrice (j’ai réalisé notamment un long métrage « Tout le plaisir est pour moi ») et à ce titre, intermittente du spectacle. Parce que c’est compliqué de faire reconnaître ses droits au congé maternité quand on est intermittente, cela a pris 15 mois avant que mon congé ne soit validé par la sécurité sociale (j’ai été payée le 15 juillet 2010 pour un congé commençant le 15 juin 2009). Du coup, mes Assedic ont eux aussi été bloqués : ils auraient dû être renouvelés en décembre 2009, mais ne m’ont été payés qu’en septembre 2010. Moralité : à partir du moment où j’ai été en congé maternité, je n’ai plus touché un centime, ni de la sécu, ni des Assedic. Je n’avais plus aucun revenu, mais je ne pouvais pas non plus en faire état, puisque les dossiers étaient « en attente ».

Quand j’ai obtenu pour ma fille une place en crèche, en février 2010, je n’ai pas pu la prendre : je ne pouvais pas la payer (car les tarifs de la crèche sont calculées sur l’année – 2 ans : or en 2008, j’étais sous contrat avec une boîte de production de publicité, je gagnais donc correctement ma vie… alors qu’en 2009, mes revenus étaient nuls). Je n’avais pas un centime : j’ai donc gardé ma fille moi-même à la maison pendant un an. J’ajouterai que depuis, les choses ne s’arrangent pas vraiment non plus : je suis séparé du père de mes enfants (qui m’a quittée enceinte de la 2ème). Il paye une pension alimentaire qui correspond au loyer de l’appartement familial que j’ai gardé. Pension qu’il déclare aux impôts. Donc moi aussi. J’ai perdu les Assedic en tant qu’intermittente du spectacle (gardant ma fille à la maison, je n’ai pas pu renouer les contacts nécessaires pour retravailler suffisamment, à quoi s’ajoute – malchance – que je me suis cassé le pied quand elle a eu 1 an). Mais comme mon loyer est élevé (ie : la pension), je n’ai droit à aucune aide sociale : ni RSA, ni Aide au logement, etc. Se rajoutent, pour ce qui vous concerne, les tarifs de la crèche : calculés sur le quotient familial de la CAF, donc sur mes revenus déclarés : en l’occurrence, la pension (ie : le loyer !). Je paye donc en frais de crèche des tarifs bien plus élevés que s’ils étaient calculés sur la réalité de l’argent que je gagne (à savoir actuellement : rien). (et là où on frise l’aburde : sur l’année 2010, quand ma fille a passé 6 mois à la garderie ponctuellement, et 5 mois en crèche, les tarifs ont été calculés : sur MES revenus de 2008 (élevés : c’est là où j’ai mis ma fille ponctuellement à la garderie au lieu de prendre la place qui m’avait été attribuée en crèche) + la pension que j’ai touchée en 2010 ! (alors qu’en 2009, je n’avais plus rien). J’ai fait appel, relancé, protesté, fini par écrire à la médiatrice de la Ville de Paris : je viens d’apprendre il y a peu que c’est « normal » (contrairement à ce que m’affirmaient les directrices de la crèche et de la garderie).

Céline, en couple, une fille de 6 ans

10 Nov

Lorsque notre fille est née nous habitions Paris intra-muros.Au 6ème mois de grossesse, nous avons rempli le dossier d’inscription en crèche. La mairie a bien insisté sur le fait qu’il n’y avait rien de sûr avec la crèche et qu’il était préférable de trouver rapidement un autre mode de garde. En même temps que le dossier, on nous a remis une liste de crèches familiales, toutes aussi complètes les unes que les autres. Du côté des assistantes maternelles qui avaient des places, je me souviens que les discussions déviaient assez vite sur les horaires et la rémunération (souvent très au-dessus du coût de la crèche). Finalement, notre fille ayant l’âge minimal d’entrée en garde collective (3 mois) et une crèche ouvrant au pied de notre immeuble, nous avons pu obtenir une place. Nous pensions avoir passé le plus dur. En réalité, les horaires de la crèche étaient assez difficiles à respecter: 8h30 le matin et 18h15 le soir. Comme nous l’ont souvent répéter les dames de la crèche: « 10 heures de crèche pour un nourrisson, c’est beaucoup » Bien sûr, mais partir de chez soi à 8h45 signifie être au bureau à 9h30 passé et pour le soir, il faut dire ciao à ses collègues vers 17h.  Même si nous nous répartissions le matin ou le soir avec mon mari, nous avons fini par faire appel à une baby sitter qui chaque soir récupérait notre fille vers 18h en attendant notre retour. Heureusement cette jeune étudiante acceptait de venir chez nous parfois pour 45 minutes, parfois pour deux heures et cela 4 soirs par semaine. D’un point de vue financier et organisationnel, cette situation nous a laissé entrevoir les motivations qui conduisent un des parents à stopper son activité professionnelle pour s’occuper des enfants. Si nous n’avions pas habité Paris ou une ville universitaire, je pense que cette adaptation n’aurait pas été possible. Par la suite nous avons déménagé. La liste d’assistantes maternelles remise par notre nouvelle mairie n’était pas à jour: les assistantes maternelles étaient soit au complet soit à la retraite. Heureusement l’une d’elles, a pris la peine de se renseigner à propos d’une personne qui venait de recevoir un agrément sur la commune. Nous n’avons pas eu de nouvelles pendant deux jours, ce qui était assez stressant. Après un nouveau contact, elle nous a communiqué les coordonnées de cette assistante maternelle nouvellement agréée. Nous avons rencontré cette personne une fois à son domicile, elle a changé notre fille de 5 mois en ma présence. nous a montré le matériel dont elle disposait et nous avons confirmé que nous lui confions notre fille. tout cela a pris moins de deux heures. Il peut paraître étrange que nous ayons laissé notre enfant à une parfaite inconnue, sans autre « contrôle » que son propre jugement et qui n’avait a priori pas d’expérience professionnelle. Avec le recul, je crois que nous avions conscience de ne pas avoir le choix. J’étais aussi fermement convaincue que je ne voulais pas mettre mon boulot entre parenthèses. Les premières semaines étaient ambivalentes car nous étions pris entre l’envie de faire bien pour notre enfant et la nécessité de recourir à ce mode de garde qui repose beaucoup sur la confiance. L’histoire avec cette nounou n’est pas terminée puisqu’elle continue à garder notre fille le mercredi! récemment, elle nous a confirmé en riant qu’elle pouvait la garder jusqu’à ses 18 ans, et notre fille juge cette échéance trop courte! j’ajouterai un dernier point qui a fait l’objet d’une discussion avec notre nounou: les assistantes maternelles peuvent à présent garder jusqu’à 4 enfants de moins de 3 ans. Notre nounou nous faisait remarquer que c’était beaucoup pour une seule et même personne. Je trouve que ça décharge encore un peu plus, les pouvoirs publics concernant les modes de garde collectifs.Voila, notre histoire n’a rien d’extraordinaire, Bien au contraire et c’est ce qui est problématique. Notre expérience et celles vécues dans mon entourage m’ont convaincue qu’en tant que parents et particulièrement en tant que mère, trouver une garde d’enfant est une vraie galère:

soit nous acceptons sans rechigner le premier mode de garde qui passe, avec le stress, le choix financier, l’organisation qui va avec et en faisant face au regard des proches qui n’omettent pas de juger nos choix. (tu n’as pas peur? quand même, cette femme, tu ne l’as connais pas!)

soit on baisse les bras et on met entre parenthèses ses ambitions professionnelles.

Fabienne, une fille Judith de 4 ans aujourd’hui, en couple, cadre

10 Nov

Pour ma première fille en 2009,  j’ai galéré comme une folle pour trouver un mode de garde.Comme tout le monde j’ai d abord opté pour la crèche. Lors de la rencontre avec la directrice pour l’admission,  on nous a vite fait comprendre qu’avec notre profil de cadre sup et des horaires de travail au delà de 18h30, on ne serait pas retenus.On s’est alors tourné vers les assistantes maternelles qui nous faisaient quasiment passer un entretien d’embauche, tellement elles étaient sollicitées. La majorité d’entre elles nous ont dit qu’elles ne garderaient pas ma fille après 17h30 car elles avaient elles-même des enfants et ne souhaitaient aller les chercher à l école … La seule que j’ai trouvé dans les conditions satisfaisantes, ne sortait pas les enfants et les parquait dans un salon de 20 m2. J’ai mis fin au contrat rapidement. Faute de solution, j’ai dû prendre un congé parental jusqu’à trouver une nounou convenable. Enfin, nous nous sommes rabattus sur un mode d’accueil individuel à domicile en garde partagée qui coûte bien plus cher. Nous avons trouve une famille et passer une annonce pour trouver la nounou. Après plus d’un mois et demi d’entretien nous avons cru trouver la perle rare qui a démissionné le premier jour  (nous avions tous repris le travail ) car elle s’ennuyait trop avec des touts -petits. J’ai du prendre sur mes congés payés pour garder ma fille et chercher une nounou à nouveau. Enfin par le bouche à oreille nous avons trouvé une nounou, qui n’avait pas d’expérience mais qui était formidable avec les enfants., Elle s’occupe de ma seconde fille et nous sommes ravis de ses services. Quel bonheur mais quelle galère pour en arriver là ! Je constate que personne ne nous avait prévenu des difficultés que nous aurions à rencontrer et que dans notre commune les demandes de garde ( crèche et assistante maternelle confondues ) ne sont satisfaites qu à 40%. Question: Que font les 60% des familles restantes  ????