Julie, mère d’un garçon de 15 mois, précaire, en couple

11 Nov

Notre fils est né en juin 2011, à Paris.Nous ne voulions pas de nourrice. D’abord parce que l’un d’entre nous avait été victime de violence de la part de sa nourrice dans sa petite enfance : difficile de faire confiance une fois parent. Ensuite, parce que trouver une bonne assistante maternelle relève de la loterie : on en voit trop dans les parcs, les rues, le métro, les magasins qui ne s’occupent absolument pas des enfants dont elles ont la responsabilité, concentrées sur autre chose (shopping, bavardage, téléphone…). Enfin, parce que nous sommes tous deux précaires : nous travaillons, mais on ne sait pas forcément longtemps à l’avance quand et sur quelles plages horaires, ce qui rendait compliqué une contractualisation avec une ass’ mat, en supposant qu’on aurait fait tomber les autres barrières et qu’on en aurait trouvé une digne de confiance. Sans oublier le coût exorbitant des assistantes maternelles agrées à Paris : de quoi décourager les femmes de travailler. Parce que nous sommes précaires, nous ne pouvions pas non plus intégrer une crèche parentale associative, ce que nous aurions souhaité (car moins d’enfants, plus de proximité, plus de place à notre avis…) : il faut pouvoir s’engager de manière régulière, et nous ne pouvons pas nous permettre de perdre des contrats de travail par manque de disponibilité. Enfin, nous n’avons aucune famille sur Paris : il nous fallait donc absolument une place en crèche municipale. Nous nous sommes inscrits dans les temps auprès de la mairie de notre arrondissement (le 19e, l’un des mieux pourvus de Paris en crèches), pendant la grossesse, et avons attendu l’attribution des places. Sagement. Sans réclamer. Avant de comprendre qu’il est IMPOSSIBLE (cela nous a été confirmé par la suite) d’obtenir une place sans la réclamer : sans faire jouer des appuis, rencontrer des directrices de crèche, écrire à l’adjoint au maire chargé de la petite enfance, se déplacer pour le rencontrer. On ne peut pas attendre sagement sa place, il faut justifier en quoi on la mérite plus que les autres, en quoi les autres la méritent moins ou en ont moins besoin que nous. Et ce en dépit des discours des agents municipaux dans les services d’inscription  – « Non non, vous n’avez rien à faire, juste à attendre. ». Et sans garantie que ça fonctionne ! Comme nous avons fait le nécessaire, nous avons finalement obtenu une place. Mais cela a pris un an. Et en attendant ? Nous, parents, avons travaillé chacun à notre tour (égalité !) pour garder notre petit. Nos revenus ont bien baissé… Et j’avoue que nous finissions par croire que l’un de nous (au hasard plutôt moi, la mère) devrait rester à la maison pour s’occuper du petit pendant que l’autre essaierait d’avancer professionnellement – car à travailler chacun son tour,  on se retrouve deux à stagner ! Heureusement, on a eu de la chance que notre forcing ait fonctionné, ce n’était pas gagné. Galère ordinaire… qui dans notre cas finit bien.

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