Isabelle, réalisatrice de films, « mattermittente », mère de deux filles, séparée

11 Nov

Je suis réalisatrice (j’ai réalisé notamment un long métrage « Tout le plaisir est pour moi ») et à ce titre, intermittente du spectacle. Parce que c’est compliqué de faire reconnaître ses droits au congé maternité quand on est intermittente, cela a pris 15 mois avant que mon congé ne soit validé par la sécurité sociale (j’ai été payée le 15 juillet 2010 pour un congé commençant le 15 juin 2009). Du coup, mes Assedic ont eux aussi été bloqués : ils auraient dû être renouvelés en décembre 2009, mais ne m’ont été payés qu’en septembre 2010. Moralité : à partir du moment où j’ai été en congé maternité, je n’ai plus touché un centime, ni de la sécu, ni des Assedic. Je n’avais plus aucun revenu, mais je ne pouvais pas non plus en faire état, puisque les dossiers étaient « en attente ».

Quand j’ai obtenu pour ma fille une place en crèche, en février 2010, je n’ai pas pu la prendre : je ne pouvais pas la payer (car les tarifs de la crèche sont calculées sur l’année – 2 ans : or en 2008, j’étais sous contrat avec une boîte de production de publicité, je gagnais donc correctement ma vie… alors qu’en 2009, mes revenus étaient nuls). Je n’avais pas un centime : j’ai donc gardé ma fille moi-même à la maison pendant un an. J’ajouterai que depuis, les choses ne s’arrangent pas vraiment non plus : je suis séparé du père de mes enfants (qui m’a quittée enceinte de la 2ème). Il paye une pension alimentaire qui correspond au loyer de l’appartement familial que j’ai gardé. Pension qu’il déclare aux impôts. Donc moi aussi. J’ai perdu les Assedic en tant qu’intermittente du spectacle (gardant ma fille à la maison, je n’ai pas pu renouer les contacts nécessaires pour retravailler suffisamment, à quoi s’ajoute – malchance – que je me suis cassé le pied quand elle a eu 1 an). Mais comme mon loyer est élevé (ie : la pension), je n’ai droit à aucune aide sociale : ni RSA, ni Aide au logement, etc. Se rajoutent, pour ce qui vous concerne, les tarifs de la crèche : calculés sur le quotient familial de la CAF, donc sur mes revenus déclarés : en l’occurrence, la pension (ie : le loyer !). Je paye donc en frais de crèche des tarifs bien plus élevés que s’ils étaient calculés sur la réalité de l’argent que je gagne (à savoir actuellement : rien). (et là où on frise l’aburde : sur l’année 2010, quand ma fille a passé 6 mois à la garderie ponctuellement, et 5 mois en crèche, les tarifs ont été calculés : sur MES revenus de 2008 (élevés : c’est là où j’ai mis ma fille ponctuellement à la garderie au lieu de prendre la place qui m’avait été attribuée en crèche) + la pension que j’ai touchée en 2010 ! (alors qu’en 2009, je n’avais plus rien). J’ai fait appel, relancé, protesté, fini par écrire à la médiatrice de la Ville de Paris : je viens d’apprendre il y a peu que c’est « normal » (contrairement à ce que m’affirmaient les directrices de la crèche et de la garderie).

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