Céline, en couple, une fille de 6 ans

10 Nov

Lorsque notre fille est née nous habitions Paris intra-muros.Au 6ème mois de grossesse, nous avons rempli le dossier d’inscription en crèche. La mairie a bien insisté sur le fait qu’il n’y avait rien de sûr avec la crèche et qu’il était préférable de trouver rapidement un autre mode de garde. En même temps que le dossier, on nous a remis une liste de crèches familiales, toutes aussi complètes les unes que les autres. Du côté des assistantes maternelles qui avaient des places, je me souviens que les discussions déviaient assez vite sur les horaires et la rémunération (souvent très au-dessus du coût de la crèche). Finalement, notre fille ayant l’âge minimal d’entrée en garde collective (3 mois) et une crèche ouvrant au pied de notre immeuble, nous avons pu obtenir une place. Nous pensions avoir passé le plus dur. En réalité, les horaires de la crèche étaient assez difficiles à respecter: 8h30 le matin et 18h15 le soir. Comme nous l’ont souvent répéter les dames de la crèche: « 10 heures de crèche pour un nourrisson, c’est beaucoup » Bien sûr, mais partir de chez soi à 8h45 signifie être au bureau à 9h30 passé et pour le soir, il faut dire ciao à ses collègues vers 17h.  Même si nous nous répartissions le matin ou le soir avec mon mari, nous avons fini par faire appel à une baby sitter qui chaque soir récupérait notre fille vers 18h en attendant notre retour. Heureusement cette jeune étudiante acceptait de venir chez nous parfois pour 45 minutes, parfois pour deux heures et cela 4 soirs par semaine. D’un point de vue financier et organisationnel, cette situation nous a laissé entrevoir les motivations qui conduisent un des parents à stopper son activité professionnelle pour s’occuper des enfants. Si nous n’avions pas habité Paris ou une ville universitaire, je pense que cette adaptation n’aurait pas été possible. Par la suite nous avons déménagé. La liste d’assistantes maternelles remise par notre nouvelle mairie n’était pas à jour: les assistantes maternelles étaient soit au complet soit à la retraite. Heureusement l’une d’elles, a pris la peine de se renseigner à propos d’une personne qui venait de recevoir un agrément sur la commune. Nous n’avons pas eu de nouvelles pendant deux jours, ce qui était assez stressant. Après un nouveau contact, elle nous a communiqué les coordonnées de cette assistante maternelle nouvellement agréée. Nous avons rencontré cette personne une fois à son domicile, elle a changé notre fille de 5 mois en ma présence. nous a montré le matériel dont elle disposait et nous avons confirmé que nous lui confions notre fille. tout cela a pris moins de deux heures. Il peut paraître étrange que nous ayons laissé notre enfant à une parfaite inconnue, sans autre « contrôle » que son propre jugement et qui n’avait a priori pas d’expérience professionnelle. Avec le recul, je crois que nous avions conscience de ne pas avoir le choix. J’étais aussi fermement convaincue que je ne voulais pas mettre mon boulot entre parenthèses. Les premières semaines étaient ambivalentes car nous étions pris entre l’envie de faire bien pour notre enfant et la nécessité de recourir à ce mode de garde qui repose beaucoup sur la confiance. L’histoire avec cette nounou n’est pas terminée puisqu’elle continue à garder notre fille le mercredi! récemment, elle nous a confirmé en riant qu’elle pouvait la garder jusqu’à ses 18 ans, et notre fille juge cette échéance trop courte! j’ajouterai un dernier point qui a fait l’objet d’une discussion avec notre nounou: les assistantes maternelles peuvent à présent garder jusqu’à 4 enfants de moins de 3 ans. Notre nounou nous faisait remarquer que c’était beaucoup pour une seule et même personne. Je trouve que ça décharge encore un peu plus, les pouvoirs publics concernant les modes de garde collectifs.Voila, notre histoire n’a rien d’extraordinaire, Bien au contraire et c’est ce qui est problématique. Notre expérience et celles vécues dans mon entourage m’ont convaincue qu’en tant que parents et particulièrement en tant que mère, trouver une garde d’enfant est une vraie galère:

soit nous acceptons sans rechigner le premier mode de garde qui passe, avec le stress, le choix financier, l’organisation qui va avec et en faisant face au regard des proches qui n’omettent pas de juger nos choix. (tu n’as pas peur? quand même, cette femme, tu ne l’as connais pas!)

soit on baisse les bras et on met entre parenthèses ses ambitions professionnelles.

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