Géraldine, un petit garçon de 11 mois, éducatrice spécialisée, séparée

10 nov

Seule à élever un petit garçon de 11 mois, je suis  séparée de son père depuis le début de la grossesse, il ne m’aide pas financièrement et je ne touche pas d’aides parce que j’ai refusé de passer par la justice. Fraichement diplômée comme éducatrice spécialisée diplômée en juillet 2011, j’ai fait le choix de ne pas travailler pendant une année pour m’occuper de mon fils, à partir du moment ou j’ai obtenu un HLM. J’ai tout naturellement demandé à ma mairie une place en crèche. Au jour d’aujourd’hui je suis 2e sur la liste d’attente, ouf ! j’en vois le bout.Mais au mois de juillet j’ai dû refuser un emploi, car je n’avais pas les moyens de faire garder mon enfant par une assistant-e maternelle. Je me rends régulièrement à la crèche pour rappeler à la directrice que je suis toujours là et que je patiente toujours. J’ai appris qu’à partir de 2013, la CAF rendra obligatoire le fait d’avoir un emploi pour avoir une place en crèche. Je m’interroge : s’il n’y a pas de mode de garde, il n’y pas de possibilité de travailler, mais si on n’a pas de travail, on n’est pas prioritaire pour avoir une place en crèche… Je n’ai pas fait de démarche pour que mon fils soit gardé par une assistante maternelle car je considère qu’il est du devoir de la société d’assurer la prise en charge des enfants dont les parents travaillent. il est trop simple pour l’Etat de se targuer de la hausse des natalité dans ce pays mais de ne pas assurer financièrement derrière pour que les collectivités aient les moyens financiers, logistiques et plus que tout humains d’accompagner le développement et l’émancipation des enfants. Les assistantes maternelles aussi compétentes soient elles, ne font que pallier le manque d’investissement des Etats pour leur jeunesse et leur avenir.

Notre système infaillible pour savoir qui va garder votre enfant

9 nov arbre à choix

Osez le féminisme ! vous propose un peu d’aide pour savoir qui va garder votre enfant. Jouez vite !

Maternité et emploi des femmes

9 nov roue

L’arrivée d’enfants au sein d’un couple impacte significativement les taux d’activité des femmes, et en particulier à partir du troisième enfant : si le taux d’activité des mères en couple avec un enfant de moins de trois ans est de 80 %, il chute à 58 % avec deux enfants dont un au moins de moins de trois ans. [1]

Pourquoi arrêtent-elles de travailler ?

Selon une enquête DARES/CREDOC, « les femmes qui ont arrêté de travailler à la naissance d’un enfant sont majoritairement ouvrières ou employées, moins diplômées et avec plus d’enfants que leurs consœurs ayant conservé une activité professionnelle avec un enfant en bas âge ». [2]

Les raisons évoquées dans 33% des cas, soit sont les conditions de travail (21% des femmes interrogées), c’est-à-dire à des temps de travail jugés incompatibles avec l’ensemble des tâches parentales et domestiques (temps plein ou supérieur à 40h par semaine), des horaires décalés, de longs trajets domicile-travail. Pour 8% d’entre elles, s’arrêter est la conséquence d’un arbitrage financier, et enfin, 13% d’entre elles ont simplement fait le choix de s’arrêter.

L’enquête souligne également que quels qu’aient été « les motifs mis en avant, la moitié des femmes interrogées auraient souhaité continuer à travailler et indiquent que des changements dans leurs conditions de travail, les modes de garde ou encore l’organisation familiale auraient pu le leur permettre. Les trois quarts envisagent de reprendre le travail à une date déjà fixée, en général au plus tard aux trois ans de l’enfant. ».

Le recours au temps partiel peut également apparaître comme une solution pour faire face aux contraintes évoquées ci-dessus. Ainsi, si 25% des femmes n’ayant pas d’enfant ont des emplois en temps partiel, le chiffre passe à 30% à l’arrivée du premier enfant, à 42% avec le deuxième et enfin à 52% pour le troisième.[3] Mais le temps partiel n’est pas la solution miracle pour articuler vie professionnelle et familiale, au sens où elle induit une précarisation, des salaires moindres et au final une moins grande autonomie financière.

Retour à l’emploi

Pour une très large majorité des mères, l’arrivée d’enfants provoque une vulnérabilisation vis-à-vis de l’emploi qui passe par une sortie partielle ou totale du marché du travail, largement subie. Cette vulnérabilisation est d’autant plus forte pour les femmes qui étaient les moins insérées sur le marché du travail avant leur grossesse.

Et si le code du travail fixe les conditions du retour à l’emploi des mères, la réalité peut parfois être tout autre et la tendance à la déqualification et la dégradation des conditions de travail sont courantes, et d’autant plus importantes pour les mères ayant fait le choix d’interrompre leur activité.

Par ailleurs, l’ensemble des études sur le sujet met en évidence que  « les mères restent, au sein du ménage, les principales pourvoyeuses de temps parental, fournissant plus du double de celui des pères » [4]

L’arrivée d’un enfant accentue donc le déséquilibre du partage des tâches domestiques entre hommes et femmes, les ajustements touchant essentiellement les femmes : ce sont elles qui s’éloignent du marché de l’emploi, elles aussi qui prennent davantage en charge les tâches domestiques. La naissance et l’éloignement de l’emploi jouent ici en synergie. Malgré l’idéal d’égalité, la répartition des tâches au sein du couple reste fortement déséquilibrée". [5]

Ce déséquilibre bien souvent plus subi que choisi est un frein réel dans la disponibilité des femmes. Et au-delà de cette réalité, toutes les femmes sont vues dans le marché du travail comme des mères potentielles  du recrutement à la promotion, et donc comme étant forcément moins disponibles ou mobiles, ce qui renforce les inégalités.

Et combien ça coûte ?

Les conséquences de l’ensemble des phénomènes décrits précédemment sont extrêmement lourdes, et à plusieurs échelles. La diminution voire la disparition de l’autonomie financière des femmes, puisque elles sont payées en moyenne 27% de moins que les hommes, inégalité qui s’accentue à la retraite : les pensions des femmes sont aujourd’hui 48% inférieures à celles des hommes Cela représente un « manque à gagner » économique due à l’inactivité d’une main d’œuvre formée, pour laquelle des investissements massifs ont été réalisés en termes d’éducation et de formation

 

Salaire moindre, retraite moindre, temps de loisir moindre d’une part ; vulnérabilité et précarité accrue d’autre part : voilà le triste bilan pour l’ensemble des femmes –projets de maternité ou non – qui payent le prix d’une société qui ne s’est toujours pas organisée pour assurer les renouvellements des générations dans des conditions équitables pour les hommes et les femmes.

Il est temps d’agir ! Si la parentalité est souvent une composante de la vie de chacun, c’est à la société dans son ensemble d’adapter ses normes, ses codes et son organisation et non aux femmes de jongler pour trouver un hypothétique « équilibre » entre vie familiale et professionnelle.

Claire Guiraud

Qui va garder les enfants ? Pour un véritable service public de la petite enfance

9 nov mediapart

Tribune publiée le mardi 13 novembre 2012 sur Médiapart

La récente affaire de crèche clandestine à Marseille a mis en lumière une énième fois la réalité de la pénurie de modes d’accueil des jeunes enfants en France. Si l’opinion semble découvrir les difficultés pour trouver une place en crèche, quel parent n’a pas déjà été confronté à un véritable casse-tête pour accueillir son enfant ? Même en entamant des démarches dès le milieu de la grossesse, la quête d’un mode de garde est un véritable parcours de combattant-e. Il y a urgence à y remédier. En France, 60 % des enfants entre 0 et 3 ans sont gardés par leurs parents, et dans la majorité des cas par leur mère. Seuls 10 % des enfants de cette tranche d’âge ont une place en structure d’accueil collectif. Les autres enfants sont confiés à des assistantes maternelles – on devrait dire « parentales » tant l’assistant-e ne supplée l’éducation pas seulement de la mère mais des deux parents – ou encore aux grands-parents.

Aujourd’hui encore, le trop faible nombre de places en crèche implique que la question de la prise en charge des enfants de 0 à 3 ans est essentiellement d’ordre privé. Le système D prime dans la majorité des cas et la solution retenue l’est souvent par défaut. Il est encore considéré comme allant de soi que le jeune enfant soit gardé par sa mère. Pourtant, la mère n’est pas la seule personne capable de s’occuper de l’éducation, de l’éveil et du développement de son enfant. Un accueil par des professionnel-le-s de la petite enfance qualifié-e-s  favorise le développement physique et psychique de l’enfant ainsi que sa sociabilisation. Le père pourrait être également un relais et partager davantage les responsabilités familiales : ils ne sont pourtant que 6% à prendre un congé parental. La période de la petite enfance est donc essentiellement prise en charge par la mère, souvent au nom de compétences maternelles supposées innées. Or la parentalité relève d’une somme d’expériences acquises et non pas d’aptitudes naturelles qui se révéleraient à la naissance de l’enfant.

Alors que les couples biactifs se sont généralisés, l’offre d’accueil de la petite enfance ne suit pas cette évolution. L’accueil de la petite enfance n’a pas sa place au rang des services publics. Ainsi, il est considéré comme légitime qu’un enfant de 3 à 6 ans soit scolarisé à l’école maternelle – pré-élémentaire ou enfantine, devrait-on dire-  autant l’accueil des enfants de 0 à 3 ans semble encore une politique publique facultative. La création d’un véritable service public de la petite enfance, comme il existe un  service public de l’éducation de 6 à 16 ans devrait être dans le droit prolongement de l’avancée sociale majeure qu’a constitué la scolarisation généralisée dès 3 ans.

Car derrière cette question se cache l’enjeu de l’autonomie des femmes. Nous savons en effet que l’arrivée d’un enfant a des conséquences principalement sur la vie professionnelle et sociale des femmes, alors qu’elle en a peu sur celle des hommes. Les femmes sont les premières à interrompre ou réduire leur activité pour pouvoir articuler vie professionnelle et familiale, pour payer le prix fort, avec des inégalités professionnelles accrues des trajectoires professionnelles hachées, du temps partiel subi, de la précarité, et à l’arrivée, une retraite bien moindre. L’argument des choix personnels des femmes de vouloir élever elles-mêmes leurs jeunes enfants est souvent brandi en étendard. Mais cet argument-là, nous ne serons prêt-e-s à l’entendre que le jour où l’offre d’accueil du jeune enfant rendra réellement possible le choix – plein et libre – entre deux alternatives. La création de places de modes d’accueil des jeunes enfants est donc un levier essentiel pour l’emploi des femmes après leur congé maternité ou après une période de chômage.

De plus, les inégalités sociales et géographiques sont flagrantes : le nombre de places est très variable selon les régions ou les villes. A Paris, 30 % des enfants de cette tranche d’âge bénéficient d’une place, mais entre 6 et 9% en Charente-maritime ou en Côte-d’Armor. Si les quelques critères d’attribution peinent à prendre en compte les revenus et les situations sociales, les familles aisées ont néanmoins les coudées plus franches pour recourir à des structures privées ou à des modes d’accueil individuels à domicile. Des personnes en recherche d’emploi se voient refuser des places en crèche au prétexte qu’elles ont du temps pour garder leur enfant. Mais comment trouver un emploi sans avoir un mode d’accueil garanti pour son ou ses enfants ? Les inégalités territoriales et sociales jouent à plein.

Face à de telles inégalités, on ne peut s’attendre à ce qu’un gouvernement de gauche qui a fait campagne sur le sujet de l’égalité entre les femmes et les hommes, fasse preuve d’ambition dans ce domaine. Il y a là matière à se démarquer du précédent gouvernement : seules 42 000 places ont été créées pendant le quinquennat de Nicolas Sarkozy qui en avait pourtant promis 200 000 places ainsi que la  mise en place d’un droit opposable à l’accueil de jeunes enfants qui est resté lettre morte. Dans le même esprit, le décret dit « Morano » a gonflé artificiellement le nombre de places, en augmentant la capacité d’accueil par structure et par professionnel-le, créant un véritable surbooking des crèches. La réponse de l’Etat doit passer par l’investissement dans un service public ou associatif à but non-lucratif, et non dans le recours à des solutions « clés en mains » privées et lucratives, accessibles aux seules familles aisées.

Parmi les 40 engagements pour l’égalité femmes-hommes de François Hollande, présentés pendant la campagne présidentielle, on trouve la mise en place d’un « service public de la petite enfance » mais aucun chiffre précis n’a été annoncé. Les associations féministes demandent la création de 500 000 places en crèche d’ici cinq ans. Loin d’être exorbitante, cette exigence ne couvrirait qu’à peine 30% des besoins. La société doit se donner les moyens d’une part de développer des modes d’accueil de qualité, en nombre suffisant,  accessibles géographiquement et financièrement, et ce faisant ou partant de soutenir l’autonomie des femmes.

Maternité et vie sociale des femmes

9 nov roue

Si on parle souvent d’articulation entre vie professionnelle et vie familiale, les temps de la vie d’une femme ne se limitent pas à son activité et à ses enfants. La vie sociale, l’entourage amical, les sorties, les activités sportives, loisirs, engagement associatif, syndical ou politique, font aussi partie de la vie de chacun-e. Ce ne sont pas deux mais trois voire dix vies qu’une femme doit mener de front : travailleuse, mère, amie, syndicaliste, sportive, etc.

Les médias nous vendent une image d’une mère super-héroïne capable de tout gérer de front : travail,  soins des enfants, tâches ménagères, et bien sûr cosmétique, épilation parfaite, Pilates et cours macramé avec les copines, etc. Or une journée ne dure que 24h !

Des engagements et une vie sociale différenciée selon le sexe

D’autres études ont aussi prouvés que les femmes devaient plus souvent renoncer à des aspects de leur vie sociale que les hommes[1]. Ainsi, en 2003, 53,8% des femmes renonçaient à participer à une vie associative, syndicale, politique contre seulement 43,5% des hommes. 50,6% des femmes renonçaient à voir des amis contre 43% des hommes.

Selon les chiffres clés de l’égalité 2011, les femmes sont seulement 29,9% à adhérer à une association en 2008 contre 35,6% des hommes (le taux d’adhésion augmentant en moyenne avec l’âge) et elles y ont moins souvent des responsabilités que les hommes (seuls 31% des présidents d’association sont des femmes par contre 57% des secrétaires en 2005). De même, les femmes ne représentent que 35% des élus syndicales au Comité d’entreprise. Pour ce qui des fédérations sportives, 63,4% des membres sont des hommes en France en 2010 selon le Ministère des Sports.

On note aussi que dans les communes de moins de 3500 habitants (plus de 90% des communes) – qui ne sont pas soumises aux dispositions de la loi sur la parité, les femmes ne représentent que 32.2% des conseillères municipales (sachant que dans l’ensemble des communes, le pourcentage des femmes maires n’est que de 14% en 2008).

Si les femmes s’engagent moins dans des loisirs ou des associations, cela ne vient pas uniquement du fait que cela ne les intéresse pas… et pas du tout par manque de temps!

Car, s’il faut le rappeler, les journées des femmes et des hommes sont très différentes !

L’inégale répartition des tâches ménagères

L’inégalité ne se manifeste pas seulement dans la répartition des tâches domestiques et parentales, mais aussi celle des loisirs (temps consacré à la télévision, à la lecture, au sport…). Les femmes y consacrent en effet en moyenne 3h46 par jour contre 4h24 pour les hommes. Donc en résumé, les femmes n’aimeraient pas le sport, ni la politique… mais  passer l’aspirateur et faire la vaisselle. Avant d’être affaire de goûts, c’est aussi parce que assumant 80% des tâches ménagères et 60% du temps parental (habillement, préparation des repas, transports, école, …) les femmes n’ont tout simplement pas le temps matériellement de s’investir à l’extérieur et anticipent ce temps nécessaire sur leurs autres activités. On note ainsi qu’en moyenne, les femmes consacrent 3h52 par jour aux tâches domestiques contre 2h24 pour les hommes[2]. Une autre différence fondamentale entre le temps consacré par les hommes et celui consacré par les femmes est que ces dernières gèrent plutôt le quotidien (le quantitatif, répétitif et permanent) quand les hommes se consacrent plutôt à des actions ponctuelles (ce qui se voit/dure – bricolage, jardinage – mais aussi temps qualitatif consacré le weekend aux enfants par rapport au soin quotidiens pris en charge par la mère). De même, si nous pouvons observer une certaine (trop lente) évolution, « s’occuper des enfants reste une prérogative féminine, plus encore, semble-t-il, que les activités domestiques »[3]. Même dans les couples où l’homme contribue le plus, la femme est le plus souvent celle qui assume la charge mentale de l’articulation (la planification, l’organisation et la gestion constante des tâches afin d’assurer la bonne marche du foyer étant le plus souvent de son ressort[4]). Par exemple, selon l’enquête Familles et employeurs de l’Ined (2004-2005), il arrive souvent ou parfois à 27% des femmes de prévoir des courses alimentaires sur son lieu de travail contre 15% des hommes ! On va aussi voir des femmes utiliser les RTT pour s’occuper des enfants le mercredi alors que les hommes vont plutôt les utiliser pour augmenter leur temps de loisirs (selon l’étude RTT et Mode de vie[5], dans le cas où la demi-journée de RTT par semaine était fixée, pour les parents d’enfants de moins de 12 ans, le mercredi était la journée choisie par 60% des femmes contre 27% des hommes).

Les loisirs et activités sportives

En ce qui concerne les loisirs, l’arrivée d’un enfant a également un impact différent pour les femmes et pour les hommes. Par exemple, 38% des mères ont renoncé à une activité artistique six mois après la naissance contre 18% des pères ; pour le sport, c’est 54% des mères contre 24% des pères. Cela peut s’expliquer par plusieurs raisons, d’abord une question de temporalité : les réunions d’associations et de partis politiques ont souvent lieu en soirée à un moment plutôt dédié à la famille alors que les pères se sentent plus libres de se dégager de leurs responsabilités familiales pour faire du sport ou avoir une activité extérieure. Les temporalités militantes seraient plus favorables aux hommes[6] par exemple. Mais c’est surtout car, assignées à la sphère domestique, elles manquent du temps libre nécessaire pour ces activités (i.e. pour un entraînement régulier, la participation aux répétitions d’une chorale, etc.). Sans mode d’accueil adapté, la pression est encore plus forte sur les mères.

Mais pourquoi les femmes ont-elles plus de mal que les hommes à laisser de la place à ces temps sociaux complémentaires à la vie professionnelle et familiale ?

Une pression encore très forte sur la « bonne » mère qui doit être à la maison

Encore aujourd’hui, alors que le taux d’activité des femmes est de 84,2% entre 25 et 49 ans et qu’elles représentent 47.7% de la population active en 2011[7], la charge de l’articulation entre vie professionnelle et vie familiale repose encore trop souvent quasi-exclusivement sur les femmes, comme si elles devaient seules assumer la charge de l’évolution de la société, comme elles n’avaient droit que sous condition à l’autonomisation financière. Les femmes sont trop souvent élevées dans l’idée que ce seront à elles de faire des compromis pour que rien ne change à la maison – accompagnée de l’injonction à être des mères parfaites – même si elles ont une activité similaire aux hommes. Or c’est un obstacle tant à l’égalité professionnelle qu’à l’épanouissement personnel, et notamment à l’implication dans des activités complémentaires telles qu’un engagement sportif, politique ou associatif! De plus, cette pression est encore plus forte pour les familles monoparentales, pour lesquelles le parent est dans 85% une femme[8].

Ainsi, trop souvent, les femmes portent donc le poids de l’articulation, que cela soit par la cessation ou une réduction d’activité professionnelle[9]ou par un temps de loisirs moindre associé à des perspectives professionnelles moins favorables[10]. La qualité de vie des mères actives est un sujet trop peu traité car on oppose peu de solutions à cet impératif d’articulation à part des options qui ne sont que les reflets et les accélérateurs des inégalités existantes telles que les temps partiels ou congés parentaux qui vont les éloigner du marché du travail et de l’indépendance économique. Tant que l’articulation ne sera pas considéré de façon politique, comme une affaire de tous et non seulement des femmes, alors aucune évolution ne sera possible. Il est également primordial que tous les temps sociaux soient pris en compte dans la définition et la mise en œuvre de politiques en faveur d’une meilleure articulation.

Marine Godaux

[1] « Les femmes renoncent nettement plus souvent que les hommes aux activités personnelles ou sociales, ce qui signifie qu’elles portent plus que les hommes la charge des difficultés de conciliation. » Le renoncement semble le même pour les activités ménagères ou administratives, mais ce résultat est trompeur: les hommes s’investissant moins souvent dans ces activités, une même fréquence apparente de renoncement y signifie une amplification du caractère sexué de la division du travail. » Enquête I¨SOS-Chronopost analysée dans l’article Conciliation entre vies professionnelle et familiale et renoncement à l’enfant, Gilbert CETTE, Nicolas DROMEL et Dominique MEDA, Revue de l’OFCE n°092, 2005

[2] Enquête Emploi du temps 2009-2010 de l’Insee

[3] Quel temps pour les activités parentales, Elisabeth ALGAVA, DREES Etudes et résultats n°162, mars 2002

[5] Principaux résultats de l’enquête RTT et modes de vie, PRINCIPAUX, Marc-Antoine ESTRADE et Dominique MEDA, mai 2002

[6] Les militantes politiques et syndicales à l’épreuve du temps domestique, Yannick Le Quentrec, Informations sociales n°153, 2009

[10] 30% des cadres sont des femmes en 2008 selon Les chiffres clés de l’égalité femmes-hommes en 2011

Se documenter

9 nov roue

Vous pouvez retrouver sur cette page nombre de liens vers des documents et des organismes et associations pour en savoir plus sur la petite enfance.

Le dossier du dernier journal d’Osez le féminisme est consacré à la thématique de la petite enfance :

Lire le journal sur le site d’Osez le féminisme.

Rapports

- Accueil du jeune enfant. Données statistiques 2010, CAF
- Rapport sur le service public de la petite enfance / Centre d’analyse stratégique, Premier ministre, 2007
- Le développement de l’accueil de la petite enfance / Michèle Tabarot, Premier ministre, Documentation française, 2008
- Rapport sur la scolarisation des jeunes enfants / Monique Papon, Pierre Martin, Sénat, 2008
- Chiffres clés de l’égalité entre les femmes et les hommes, Service des droits des femmes et de l’égalité, 2011, p. 52-55 et p. 93-115
- Femmes et Hommes. Regards sur la parité, collection Insee Références, 2012, n° 5.2, p. 138 et 139
- Etudes et statistiques / Observatoire national de la petite enfance, 2010
Architecture de la politique familiale. Eléments de problématique », Haut Conseil de la Famille (HCF), 2011
- Family and the revolution in women’s roles / Gøsta Esping-Andersen
- Pourquoi certaines femmes s’arrêtent de travailler à la naissance d’un enfant / DARES, synthèse, informations, 2003
-Assurer le bien être des familles en France / OCDE
- La commission des comptes de sécurité sociale : branche famille

Livres

- Le temps des femmes / Alternatives Economiques, Hors-série revue, N°51
- Nouvelles politiques d’accueil de la petite enfance : le grand chamboulement. Jean Pierre Gayerie. Editeur Territorial.
- Dominique Meda
- Qui gardera nos enfants ? Les nounous et les mères : une enquête de Caroline Ibos, Flammarion, 2012

Articles de revues

- L’offre d’accueil des enfants de moins de trois ans en 2009 », Bailleau G., Borderies F., juin 2011, « Etudes et résultats, Drees, n°763
Les publics des établissements d’accueil du jeune enfant (EAJE) : attribution des places et gestion au quotidien Dossier d’étude, °N152, Mai-juin 2012
- Concilier vie familiale et vie professionnelle : un objectif européen dans le modèle français des politiques de la famille ? / Claude Martin, 2010, IS n° 157, p.114-123
- Genre et pouvoir en Europe / Réjane Sénac-Slawinski (coord.), in Informations sociales, N°151, 2009
- Viser la conciliation emploi-famille au Québec : des politiques pour les enfants et/ou les mères ? / Diane-Gabrielle Tremblay, 2010, in Informations sociales, n° 160, p.106-113
- Bébé, où crèches tu ? in Spirale, N°38, Eres, 2006
- Temps sociaux, concordances et discordances / Marie Wierink (coord.), n°153, 2009
- Politiques publiques et articulation vie familiale et vie professionnelle / Jacqueline Heinen, Cahiers du genre, N°46, 2009
- Etat, travail, famille : « conciliation » ou conflit ? Jacqueline Heinen, Héléna Hirata, Roland Pfefferkorn, 2009, cahiers du genre, N°46, L’Harmattan
- Les militantes politiques et syndicales à l’épreuve du temps domestique / Yannick Le Quentrec, Informations sociales, N°153, 2009
- Migration et garde d’enfant à domicile en Europe : questions de citoyenneté, Fiona Williams, L’Harmatttan, 2009, N°46

Témoignages et forums

- Les Musso, le RER et la nounou en or /
- Est ce que je perds ma place en crèche si…

Ressources Internet

- CAF, L’accueil du jeune enfant en 2010, Donnée statistiques
Complément libre choix de mode d’accueil / CAF, MAJ 01/06/2012

Articles d’Osez le féminisme !

- Journal n°21
- Maternité : une affaire politique / Carole Chotil-Rosa, Osez le féminisme, n°6, mars 2010
- Zoom sur le partage des tâches domestiques et parentales
- Créer un service public de la petite enfance : il y a urgence !
- Sarkozy, la politique familiale, le cynisme et l’hypocrisie…

Associations

- Collectif Pas de bébé à la consigne
Collectif de parents crechequisepasse
-Association des collectifs enfants-parents professionnels
Casamape, Réseau d’information des assistant-e-s maternelles et des parents employeurs
UFNAFAAM, Union Fédérative Nationale des associations de Familles d’accueil et d’assistantes maternelles
- Le mercredi, c’est papa
L’association « Mercredi-c-papa » souhaite intervenir en proposant une approche nouvelle, plus globale, des questions liées à la mixité. Notre conviction est que l’accès des femmes aux responsabilités passe par la remise en cause de préjugés culturels liés, d’une part à la vision de la performance masculine dans l’entreprise et d’autre part à la conception du rôle de l’homme dans la famille, en tant que père, mari et "gagne pain principal".

Presse spécialisée

Le journal des professionnels de la petite enfance
Le journal des éducateurs jeunes enfants
Assistantes maternelles magazine
Actualités sociales hebdomadaires
Lien social

Médias

- France Info, Gardes d’enfants, une clandestinité très répandue

Suivre

Recevez les nouvelles publications par mail.